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Louise de Quengo

Publié le 08/07/2016

Histoire d’une découverte archéologique exceptionnelle au Couvent des Jacobins

Lors des fouilles réalisées avant le chantier de rénovation du Couvent des Jacobins de Rennes, 5 cercueils en plomb ont été découverts. Les quatre premiers ont pu être étudiés rapidement. Le cinquième a du attendre le début des travaux pour être dégagé. Il renfermait la dépouille d’une noble bretonne, Louise de Quengo. Voici l’histoire d’une découverte majeure.


800 sépultures découvertes
 

Entre le XVème et le XVIIIème siècle, le Couvent des Jacobins était en effet un important lieu de pèlerinage et d’inhumation. Les fouilles des archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont recensé environ 800 sépultures, dont cinq cercueils en plomb du XVIIe siècle. L’un deux contenait la dépouille de Louise de Quengo, dame de Bréfeillac, décédée en 1656.

 

Une dépouille dans un état de conservation exceptionnel

Son cercueil a été découvert à la base d’un mur, dans la chapelle Saint-Joseph du Couvent, alors que les quatre autres étaient dans le chœur de l’église. Plus accessibles, les quatre premières dépouilles ont pu être étudiées et ont révélé des informations très importantes sur les rites funéraires des élites bretonnes. Le cercueil de Louise de Quengo n’a pu être dégagé qu’au démarrage des travaux du centre des congrès, en mars 2014. Il a révélé un corps momifié dans un état de conservation exceptionnel. Son autopsie a fait grandement avancer l’histoire des sciences et de la médecine. Le prélèvement du cœur de Louise de Quengo témoigne notamment d’une réelle maîtrise de la pratique chirurgicale. Jusqu’à cette découverte, on disposait de peu d’éléments sur les funérailles des personnalités illustres et leur évolution entre le Moyen Age et l’époque moderne.

 

Cercueil-Louise-Quengo.jpg

 

 

Les vêtements et les objets ont apporté aussi beaucoup d’informations. Vêtue d’un habit de religieuse, une pratique courante chez les élites, Louise de Quengo avait un suaire sur le visage et la tête couverte d’une coiffe. Ses mains jointes tenaient un crucifix. Certains éléments vestimentaires, comme ses chaussons, sont exposés actuellement au Musée de Bretagne à Rennes. Une exposition consacrée à cette dame bretonne est également prévue en 2017.

 

5 reliquaires en plomb en forme de coeur

Coeur-sepulture-Louise-Quengo.jpg
 

Autre découverte majeure, cinq reliquaires en plomb en forme de cœur, renfermaient les cœurs des défunts et indiquaient leur identité. Découverts à proximité des cercueils, ils constituent un ensemble archéologique unique en Europe. Leur étude a permis d’en savoir plus sur les processus d’embaument de l’époque et c’est grâce au cœur de plomb qui portait l’inscription de son mari, Toussaint de Perrien, chevalier de Brefeillac, décédé en 1649, que la Dame de Bréfeillac a pu être identifiée. L’indice a mis Rozenn Colleter, l’archéologue en charge des fouilles, sur la piste de Louise de Quengo dont l’inhumation au couvent des Jacobins était mentionnée par un document des archives datant de 1656, précisant qu’elle était « enterrée avec le cœur de son mari ».
 

 

En septembre 2015, Louise de Quengo a été inhumé une seconde fois, à Tonquédec dans les Côtes d’Armor, le village de ses ancêtres choisi par ses descendants, parmi lesquels figure l’acteur Guillaume de Tonquédec. C’est donc désormais près de Lannion que cette noble dame bretonne repose.

 

Mais son histoire est loin d’être terminée. La découverte, dévoilée en juin 2015, a fait le tour du monde. Les scientifiques espèrent en apprendre encore beaucoup grâce aux nombreux objets trouvés pendant les fouilles. Le Couvent lui aussi va connaître une nouvelle vie, son chantier de rénovation sera terminé en 2017.