Publié le 07 juillet 2026 par Priscilla Gout
Congrès de la Ligue des droits de l’Homme : une édition rennaise ouverte sur le territoire
Retour sur une édition pas comme les autres avec Nathalie Tehio, présidente de la LDH.
Organisée les 23, 24 et 25 mai 2026 au Triangle, dans le quartier du Blosne, la 93e édition du congrès de la Ligue des droits de l’Homme a réuni près de 470 participants. Cette édition rennaise s’est distinguée par son ancrage dans le quartier, associant habitants, associations locales et congressistes autour de plusieurs temps forts.
Qu’est ce qui a fait la réussite de l’édition rennaise du Congrès de la Ligue des droits de l’Homme ?
Ce congrès a rassemblé davantage de participants que d’habitude, avec environ 450 à 470 congressistes, contre près de 400 lors des éditions précédentes.
Au-delà de la participation, c’est surtout l’ambiance qui a marqué cette édition. Le lieu – Le Triangle, quartier du Blosne à Rennes – était particulièrement adapté, avec de grands espaces – dont son auditorium, permettant de se retrouver, d’échanger et de partager des moments conviviaux. Le hall, les grandes tables et les temps festifs ont largement contribué à créer une atmosphère très chaleureuse.
Les retours des congressistes sont d’ailleurs extrêmement positifs : beaucoup évoquent le congrès « le plus chaleureux » auquel ils aient participé. Le beau temps a aussi favorisé les échanges autour du village associatif et des espaces extérieurs ! Les associations du quartier ont également exprimé leur satisfaction, notamment celles qui ont assuré la restauration sur le congrès. Le fait de travailler avec des acteurs locaux a été très apprécié par tous.
Pourquoi avoir souhaité ouvrir le congrès sur le quartier et ses habitants ?
Cette ouverture correspond pleinement aux valeurs portées par la Ligue des droits de l’Homme et le choix d’organiser le congrès dans un quartier populaire faisait écho à notre volonté de défendre une société inclusive.
Concrètement, cela s’est traduit par plusieurs initiatives : des associations locales ont assuré les repas, un village associatif a été installé à l’extérieur du Triangle et plusieurs débats ont réuni habitants, associations et congressistes. Un débat pré-congrès a également été organisé au Café Dada, à proximité du Triangle.
L’objectif était de faire du congrès un événement ouvert sur le quartier, sur Rennes et plus largement sur tout le territoire. Ce sont les équipes locales qui ont imaginé cette organisation et proposé des sujets de débats directement en lien avec les préoccupations du quartier.
Pourquoi avoir choisi Rennes pour accueillir cette édition 2026 ?
D’abord, la section rennaise s’est portée candidate pour organiser le congrès ; cela faisait plus d’un siècle qu’un congrès de la Ligue n’avait pas été organisé ici ! L’une des premières sections de la LDH y a pourtant été créée à Rennes par Victor Basch et son épouse Ilona Basch. Il deviendra ensuite Président de la Ligue avant d’être assassiné avec son épouse par la Milice.
La capitale bretonne occupe aussi une place particulière dans l’histoire de la Ligue des droits de l’Homme puisque la ville est intimement liée à l’affaire Dreyfus, avec le procès en révision du capitaine Dreyfus. Enfin, Rennes est un territoire où les valeurs de démocratie, de défense des droits et d’inclusion portées par la Ligue des droits de l’Homme trouvent un écho particulier auprès des citoyens.
Pourquoi était-il important que ce congrès ait un impact au-delà de ses trois jours ?
C’était un objectif important pour nous. Au-delà des retombées économiques liées à la venue de plusieurs centaines de participants, nous souhaitions laisser un héritage au niveau humain, social et citoyen. Le village associatif, les débats ouverts au public, les partenariats avec les acteurs locaux et les rencontres avec les habitants participaient pleinement à cette démarche.
Enfin, des discussions sont engagées avec la Ville de Rennes, Rennes Métropole, le Conseil départemental ainsi qu’avec le musée des Champs Libres de Rennes. Plusieurs pistes de coopération sont à l’étude, notamment autour de la défense des droits, des services publics et de la valorisation de l’héritage de l’affaire Dreyfus. Ainsi, les échanges engagés à l’occasion du congrès devraient se poursuivre bien au-delà de l’événement !








