Publié le 08 septembre 2026
L’ISCR, 20 ans de recherche et de rayonnement scientifique à Rennes
Un laboratoire d’excellence au cœur de l’écosystème scientifique rennais.
Avec 500 membres et des expertises reconnues dans de nombreux domaines de la chimie, l’Institut des Sciences Chimiques de Rennes contribue à la dynamique scientifique du territoire. À l’occasion de son anniversaire, son directeur Marc Fourmigué revient sur les forces de la recherche rennaise, son ouverture internationale et les liens qui unissent le laboratoire à son territoire.
L’ISCR fête ses 20 ans. Quelle place occupe aujourd’hui l’Institut dans l’écosystème scientifique rennais ?
L’ISCR est un laboratoire de recherche en chimie qui regroupe depuis 20 ans toutes les forces académiques de Rennes. C’est une unité mixte de recherche (UMR) de 500 personnes, dont 200 chercheurs CNRS et enseignants-chercheurs de l’Université de Rennes, de l’École nationale supérieure de chimie de Rennes (ENSCR) et de l’INSA.
Avoir une seule UMR de chimie est une spécificité rennaise : il y en avait cinq il y a 20 ans. Ce regroupement permet à tous les acteurs de se connaître, de monter des projets communs, de mutualiser leurs moyens et de porter d’une seule voix des projets ambitieux. Notre poids nous donne également une position forte au sein de l’Université de Rennes.
En quoi l’ISCR est-il « un acteur incontournable de la scène internationale en chimie », comme indiqué sur le site du laboratoire ?
Il y a à Rennes une très grande expertise autour de la synthèse des molécules et des matériaux. Il existe une excellence rennaise autour de la catalyse, de la chimie des verres, des batteries, des propriétés optiques des molécules et des matériaux luminescents, avec un travail important sur la chimie des terres rares et leurs propriétés magnétiques et optiques.
Nos domaines de recherche s’articulent autour de plusieurs axes : santé et bien-être, chimie et procédés durables, environnement, énergie, optique et photonique, électronique et matériaux moléculaires. L’ISCR compte également une équipe de chimie théorique très en pointe, qui s’est beaucoup développée ces dernières années.
Le laboratoire évolue bien, dans un contexte où nos métiers et nos méthodes de recherche vont eux aussi changer, notamment avec la poussée de l’IA. Un peu comme ce qu’on a connu avec internet au milieu des années 90, la façon de faire de la science ne sera plus la même.
Face à ces évolutions et aux grandes transitions en cours, la recherche, et la chimie en particulier, reste et restera la meilleure solution pour répondre aux défis du moment, ceux de l’énergie, de l’eau et de l’environnement.
Pourquoi avoir souhaité célébrer les 20 ans de l’Institut ?
Parce que ces moments alimentent le vivre ensemble et que cette convivialité est importante. C’était aussi l’occasion de remercier les tutelles et les collectivités locales qui nous soutiennent.
L’anniversaire s’est construit autour de la journée du 7 juillet 2026, qui a réuni 300 participants au Diapason, la salle de spectacle de l’Université de Rennes sur le campus de Beaulieu. La journée a été ponctuée d’interventions des tutelles et des collectivités locales, de jeunes chercheurs du laboratoire et de vidéos d’anciens étudiants. Des temps ont également été consacrés aux relations industrielles, à la transition écologique et au plan de réduction de notre empreinte environnementale.
Mais ces 20 ans ne se résument pas à une seule journée. Des conférences dédiées sont organisées tout au long de l’année et un numéro spécial de L’Actualité Chimique, la revue de la Société Chimique de France, est entièrement consacré aux activités de recherche de l’ISCR, à travers 17 articles impliquant plus de 100 co-auteurs membres de l’Institut.
Comment Rennes Métropole accompagne-t-elle cette dynamique scientifique ?
Rennes Métropole accompagne la recherche scientifique du territoire de plusieurs façons : allocations d’installation scientifique pour les jeunes chercheurs, aides aux équipements scientifiques, soutien à l’organisation de conférences, bourses à la mobilité internationale des doctorants ou encore financement de chaires de recherche.
La Métropole intervient également via le contrat de plan État-Région, qui permet de se doter d’équipements lourds. Nous avons reçu il y a quelques semaines la visite de Justin Amiot, vice-président délégué à l’Enseignement supérieur, à la Recherche et à l’Innovation de Rennes Métropole. Il a passé une demi-journée à l’ISCR pour rencontrer nos équipes et prendre connaissance des projets en cours. Cette visite était importante et nous sommes extrêmement reconnaissants à la Métropole pour son soutien sans faille.
(Propos recueillis par Béatrice Ercksen)